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Uncyclopedia, l'anticlopédie ?

mardi 19 mai 2009 — 


par Vicky Gagnon-Mountzouris

Wikipédia demeure un sujet chaud dans le milieu de l’information. Encore dernièrement, on lui attribuait des intentions maléfiques de nuisance aux politiciens [1] ! L’encyclopédie libre compte sur ses membres et collaborateurs pour s’autoréguler et assurer la validité des informations de ses articles. Tout récemment, une étude comparative menée par la revue Nature avait pour but de comparer les articles de Wikipédia à ceux de Encyclopedia Britannica. Il a été démontré que les articles à contenu scientifique de Wikipédia avaient un taux d’erreur quasi équivalent à celui de Britannica, c’est-à-dire « 162 erreurs pour Wikipédia, 123 pour la Britannica » [2].

Ceci étant dit… Wikipédia, c’est bien, mais pour se divertir, Uncyclopedia/ Désencyclopédie, c’est mieux ! Là où le premier s’attarde à l’autorégulation, le second prend sa source dans l’autodérision. Uncyclopedia, c’est donc une contre-encyclopédie, une anticlopédie ? Son objectif, en quelque sorte, est d’offrir une parodie de Wikipédia où tous les travers sont caricaturés au maximum, donnant un résultat savoureusement humoristique. C’est depuis janvier 2005 que les internautes peuvent s’amuser à se désinformer volontairement. Sous le même format de présentation et de typologie, l’effet est nettement perturbant pour l’œil averti qui parcourt hebdomadairement Wikipédia.

Prenons simplement un exemple. En recherchant l’article « Montréal » dans Wikipédia, on peut y lire des informations telles que :

« Montréal est la ville la plus peuplée du Québec et la seconde agglomération du Canada. Montréal constitue un centre majeur du commerce, de l’industrie, de la culture, de la finance et des affaires internationales. […]

Le maire de Montréal est élu au suffrage universel tous les quatre ans. Il est responsable de la sphère exécutive de la ville. Il nomme les membres du comité exécutif et applique avec ce dernier les décisions du conseil municipal. Le maire actuel de Montréal est Gérald Tremblay, chef de Union Montréal (UM). Il est en poste depuis le 1er janvier 2002, et a été élu pour un second mandat le 6 novembre 2005. […]

Montréal est un important centre de la culture québécoise et est internationalement reconnue pour son effervescence culturelle. Le complexe culturel de la Place des Arts abrite le Musée d’art contemporain et plusieurs théâtres. Il est le siège de l’Opéra de Montréal et de l’Orchestre symphonique de Montréal. » [3]

Alors que dans la Désencyclopédie, on peut plutôt y lire des « informations » telles que :

« Montréal va se séparer du Québec et du Canada pour devenir son propre pays afin que Gérald Tremblay puisse enfin avoir le droit de faire ce qu’il veut avec ses enfants et ses parents. Il compte d’ailleurs s’allier avec la Corée du Nord, l’Iran et la Chine peu après avoir déclaré l’indépendance. […]

Les Montréalais sont détestés par le reste du Québec, particulièrement quelques jaloux complexés de la Ville de Québec qui usent des ondes pour diffuser leur fiel, ne pouvant accepter leur rôle qu’ils perçoivent eux-mêmes comme secondaire, perception qu’ils projettent sur les Montréalais (c’est le Doc Mailloux qui l’a dit). Malgré tout, le Montréalais moyen est un candide qui n’en a rien à foutre car il ne se rend pas compte de cette haine malsaine, vivant sur son nuage d’un Québec international. » [4]

Évidemment, Uncyclopedia/ Désencyclopédie est à prendre avec un grain de sel. On retrouve étonnamment, comme dans le vrai Wikipedia, une section « discussion » qui peut s’avérer tout aussi amusante que les articles. N’importe qui peut apporter des modifications sans devoir s’identifier. Cependant, lorsque vient le temps de le faire, on peut lire l’avertissement suivant : « Avant de soumettre un article, soyez sûr de comprendre la différence entre être juste stupide et être intelligemment stupide. Si vous êtes débutant, prenez le temps de lire le guide du débutant ». On remarque ainsi... un léger souci d’éthique masqué par un ton humoristique. Gardons tout de même espoir en l’intelligence humaine pour éviter que des utilisateurs peu scrupuleux et pas très futés se servent d’Uncyclopedia comme d’une source fiable de citation. En lisant rapidement quelques lignes, on remarque de même une panoplie de fautes d’orthographes et de style, ce qui dénote un manque de professionnalisme voulu, mais qui tombe aussi sur les nerfs d’un lecteur plus averti qu’un adolescent kikoolol de 14 ans. Cette fois encore, à l’instar de Wikipédia, la version anglophone est beaucoup plus intéressante que la francophone.

Alors, on s’y met quand pour écrire le portail désencyclopédié des sciences de l’information ?

Notes

[1Voir l’article de Florence Turpault-Desroches. « Wikipédia : une nuisance pour les politiciens », Technaute.cyberpresse.ca.

[2Pour davantage de détails sur cette étude, voir l’article de Daniel Terdidam. « Wikipédia presque aussi fiable que Britannica », ZDNet.fr.


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